Introduction

Bidonvilles, phénomène mal connu du grand public.
Dans les pays du nord, c’est une image dans un livre d’histoire, un documentaire vu à la télévision. Mais c’est loin, tellement loin que l’émotion suscitée par tant de misère retombe à l’instant où l’écran s’éteint.

Et pourtant les bidonvilles sont partout sur la planète. Y vivent ou plutôt y survivent des millions de gens. De part le monde on les appelle bidonvilles, katchi abadi, bustee, kampong, gecekondu, favella, barriadas, campamentos, ranchos, colonias proletarias, villas miserias ou ciudades perdidas… Toutes ces expressions insistent sur le provisoire, le misérable, la perdition. La version anglaise, « slum » est particulièrement éloquente puisque l’expression “to slum it” signifie “manger de la vache enragée”.

Avec la forte croissance démographique dans les pays en voie de développement, le problème du logement ne cesse d’augmenter. Bientôt, près de 30% des citadins du monde vivront dans des bidonvilles. Pourtant l’effort architectural consacré à cette population reste quasiment inexistant. Alors que des centaines d’agences viennent confronter leurs idées autour d’un concours international qui a pour but de construire un siège social d’une multinationale quelconque, un ou deux architectes "mal rasés" se battent dans la boue pour améliorer le quotidien de milliers de personnes dans un bidonville au Pérou. Sans vouloir tomber dans la caricature, on peut néanmoins s’interroger sur la proportion du travail et des moyens mis à disposition de ces populations.

A l’aube du 21ème siècle, est ce que l’architecte doit continuer de se contenter de construire pour être publié dans une revue ou bien doit-il désormais s’impliquer dans le problème majeur que constitue la bidonvilisation ?
Comment l’architecte peut-il se positionner pour résoudre les carences à la fois urbaines et domestiques liées aux bidonvilles ?

Pour se positionner par rapport à ces interrogations, nous ferons en premier lieu, un rapide constat de la situation mondiale des bidonvilles. Puis nous tenterons de comparer le bidonville à la ville afin de déterminer précisément les carences urbaines dont il souffre. Enfin nous verrons comment l’architecte peut trouver sa place dans un processus d’amélioration des conditions de vie dans les bidonvilles.

Fig. 2 Maroc, 1978: bidons d'essence déployés pour faire les murs
Fig. 3 Maroc, 1978
Fig. 4 Maroc, Rabat, 1987

Page précédente
Haut de page
Page suivante